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La question ne se pose jamais au moment de signer un abonnement logiciel. Elle se pose le jour où tu veux partir, et ce jour-là il est trop tard pour la poser.
La question ne se pose jamais au moment de signer. Elle se pose le jour où tu veux partir, et ce jour-là il est trop tard pour la poser.
Le point aveugle des logiciels du marché
Un logiciel de prise de rendez-vous, de devis ou de suivi client règle un vrai problème, souvent bien, et souvent pour quelques dizaines d’euros par mois. Ce n’est pas contre ça que j’écris. Le point aveugle est ailleurs : au bout de deux ans, ton activité entière tient dans un outil dont tu ne décides ni le prix, ni les fonctions, ni la durée de vie.
Trois choses se referment lentement, sans que rien ne le signale.
- 01Tes données. Elles sont chez le prestataire, dans un format qu’il choisit, et tu en récupères ce qu’il a prévu que tu récupères.
- 02Ta relation client. Quand la prise de rendez-vous passe par une plateforme, c’est la plateforme que ton client mémorise, pas toi.
- 03Ta marge. Une commission par réservation ou par transaction est indolore au début : elle grandit exactement au rythme de ta réussite.
Ce que la loi te garantit, et ce qu’elle ne garantit pas
Le RGPD te donne un droit à la portabilité des données (article 20) : les données personnelles que tu as fournies doivent pouvoir t’être rendues dans un format « structuré, couramment utilisé et lisible par machine », selon les termes du texte. La CNIL précise les formats attendus (XML, JSON, CSV, VCF) et écarte explicitement le PDF et l’image, qui ne sont pas exploitables.
J’ai relevé les termes exacts de l’article 20 et de la doctrine de la CNIL avant d’écrire ce qui suit, parce que la portabilité est le point sur lequel on lit le plus d’approximations. Ce droit est réel et il est utile. Mais il porte sur les données personnelles, pas sur tout ce qui fait la valeur de ton outil. La CNIL le borne dans les mêmes termes : sont couvertes les données que tu as déclarées et celles générées par ton activité, tandis que les données déduites ou inférées ensuite en sortent.
Ton historique d’interventions, tes modèles de devis, tes règles de tarification, la façon dont tes rendez-vous sont organisés : rien de tout cela n’est couvert. Tu récupères une liste de contacts, pas ta façon de travailler.
La portabilité est le droit de récupérer tes données dans un format réutilisable. La réversibilité est tout autre chose : c’est la capacité de remettre ton activité en marche ailleurs, avec tes règles et ton organisation. Le droit européen te garantit la première et reste muet sur la seconde, qui se négocie au contrat ou ne s’obtient jamais.
Récupérer ses données et récupérer son outil sont deux choses différentes. La loi te garantit la première.
Les quatre questions à poser avant de signer
Elles se posent en cinq minutes, à n’importe quel prestataire, y compris à moi.
Comment j’exporte, et quoi exactement ? Pas « est-ce qu’il y a un export », mais : quels champs, dans quel format, et est-ce que je peux le faire moi-même sans passer par le support.
Qu’est-ce qui reste si j’arrête de payer ? Certains outils basculent en lecture seule, d’autres coupent l’accès. Ce n’est pas la même chose et c’est écrit quelque part.
Y a-t-il une commission sur mon activité ? Un abonnement fixe est un coût. Un pourcentage sur tes rendez-vous ou tes ventes est une part de ta marge, et elle ne se négocie plus une fois que tu en dépends.
Qui apparaît devant mon client ? Regarde l’e-mail de confirmation que reçoit ton client. S’il porte le nom de la plateforme et pas le tien, tu es en train de construire l’audience de quelqu’un d’autre.
Ce que je fais différemment
Quand je construis un outil métier, le code et les données restent les tiens. Concrètement : la base est hébergée chez toi ou sur un hébergement à ton nom, l’export complet est une fonction de l’outil et non une faveur, et il n’y a aucune commission sur ce que tu factures.
Ça ne rend pas le sur-mesure moins cher qu’un abonnement. Ça change ce que tu achètes : un actif au lieu d’un droit d’usage.
Ce que je retiens
La dépendance ne se décide pas, elle s’installe. Personne ne signe en se disant qu’il sera captif dans trois ans, et pourtant les quatre questions ci-dessus se posent presque toujours trop tard.
Elles ne coûtent rien à poser avant. Elles coûtent une migration après.
Ces quatre questions se posent aussi à une plateforme de vente : je les ai reprises du côté de la boutique dans outil sur mesure ou abonnements SaaS. Et le jour où tu veux partir, tout se joue sur l’export : un fichier client qu’on ne peut sortir qu’en recopiant un écran n’est pas à toi, quel que soit le contrat.
Si tu veux un outil dont le code et les données restent les tiens, c’est exactement ce que couvrent l’outil métier et le logiciel métier. Parlons-en depuis la page de contact.
