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Ce qui coûte, c’est l’écart entre votre façon de vendre et ce que la plateforme prévoit. Voici comment mettre un chiffre en face de cet écart.
Shopify gagne quand votre boutique est standard, que vous voulez démarrer vite, et que la commission sur vos ventes reste petite devant le temps qu’elle vous fait gagner. Le sur-mesure gagne quand votre façon de vendre ne rentre dans aucune case, quand les extensions vous coûtent plus cher que du développement, ou quand la performance et la propriété deviennent des sujets stratégiques.
C’est une question d’écart entre votre métier et ce que la plateforme prévoit. Voici comment le mesurer.
Ce que vous achetez dans chaque cas
Une plateforme comme Shopify vend un service complet et loué : hébergement, paiement, sécurité, mises à jour, catalogue de milliers d’extensions. Vous payez un abonnement, souvent une commission, et vous n’avez rien à administrer. C’est un très bon produit, et je n’écris pas contre lui.
Un site sur mesure vend un actif que vous possédez : le code est dans votre dépôt, l’hébergement est à votre nom, il n’y a pas de commission sur vos ventes, et rien ne change sans que vous l’ayez décidé. En contrepartie, vous êtes responsable de tout ce que la plateforme faisait pour vous.
C’est louer ou acheter, avec les conséquences habituelles des deux.
Les cinq critères qui décident
Je les prends toujours dans cet ordre.
- 01L’écart au standard. Est-ce que vendre chez vous ressemble à vendre partout ailleurs ? Tarification par volume, lots composés, devis avant commande, comptes professionnels avec conditions négociées : plus votre modèle s’écarte, plus la plateforme devient un carcan.
- 02Le coût réel, commissions et extensions comprises. Additionnez l’abonnement, chaque extension mensuelle, et le pourcentage sur vos ventes. Comparez au coût d’un développement amorti sur trois ans plus l’hébergement.
- 03La performance. Une boutique chargée d’extensions accumule du code sur toutes les pages. Si votre trafic est payé, cette lenteur se paie deux fois.
- 04La dépendance. Que se passe-t-il si les conditions tarifaires changent, si une extension dont vous dépendez est abandonnée, ou si vous voulez partir ? La réponse doit être connue avant de s’engager, pas après.
- 05Votre équipe. Un site sur mesure demande quelqu’un pour l’entretenir, en interne ou en prestataire. Si personne ne peut porter ce rôle, la plateforme est le choix responsable.
Quand le trafic est payé, la page où il atterrit compte autant que sa vitesse. J’ai comparé landing page et page produit selon d’où vient le visiteur.
Le calcul qu’il faut faire, avec vos nombres
La comparaison honnête ne met pas un abonnement en face d’un devis. Elle additionne tout, sur trois ans.
Du côté plateforme : l’abonnement mensuel, la commission éventuelle sur chaque vente, le coût cumulé des extensions payantes, et le thème ou l’intégrateur qui l’a mis en place. La ligne qui surprend est presque toujours celle des extensions : cinq applications à trente euros font mille huit cents euros par an, sans compter les paliers qui montent avec le volume.
Du côté sur mesure : le développement initial, l’hébergement, et une part annuelle d’évolution et de maintenance qu’il faut chiffrer honnêtement. Un site sur mesure qu’on ne fait pas évoluer devient un site qu’on contourne.
Les chiffres officiels, pour que vous posiez les vôtres
J’ai relevé ces montants le 7 septembre 2026 sur la grille tarifaire française de Shopify, en paiement mensuel, formule par formule. Méthode : lecture directe de la page publique, sans intermédiaire ni comparateur, parce que les comparateurs recopient des tarifs périmés et que ceux-ci changent sans préavis.
| Formule | Abonnement | Commission hors Shopify Payments | Carte via Shopify Payments |
|---|---|---|---|
| Basic | 36 €/mois | 2 % | 1,5 % + 0,25 € |
| Grow | 105 €/mois | 1 % | 1,3 % + 0,25 € |
| Advanced | 384 €/mois | 0,6 % | 1,1 % + 0,25 € |
Deux lectures de ce tableau, et la seconde est celle qu’on oublie.
La commission de 2 % en Basic ne s’applique pas si vous encaissez avec Shopify Payments, ce que la documentation précise explicitement. C’est le prix d’encaisser ailleurs, pas le prix de vendre.
Mais la commission bancaire, elle, tombe dans tous les cas. À 1,5 % + 0,25 € par commande, une boutique qui fait 40 000 € de chiffre d’affaires sur un panier moyen de 60 € paie environ 767 € de frais par an. À 400 000 €, environ 7 670 €. C’est ce second nombre qu’il faut mettre en face d’un développement, jamais l’abonnement.
Le coût total de possession est la somme de tout ce que la solution vous coûte sur la durée où vous vous en servez : abonnement, commissions, extensions, hébergement, maintenance et temps humain. C’est la seule base de comparaison honnête entre louer et posséder, et c’est celle que personne ne pose parce qu’elle demande d’aller chercher six nombres au lieu d’un.
Le seuil qui compte
La commission. Un abonnement fixe est un coût, un pourcentage sur vos ventes est une part de votre marge, et il grandit exactement au rythme de votre réussite. À faible volume, il ne se voit pas. À fort volume, il finance à lui seul un développement. Calculez le vôtre en euros annuels avant de faire quoi que ce soit d’autre.
Quand je recommande la plateforme
Sans hésiter, dans quatre cas.
Vous démarrez et vous ne savez pas encore ce qui va marcher. Construire avant de savoir est le meilleur moyen de construire la mauvaise chose. Une plateforme est le moyen le moins cher de découvrir votre propre métier.
Votre catalogue est classique et votre volume modeste. La commission ne pèse pas encore, et le temps gagné vaut plus que la marge cédée.
Vous n’avez personne pour porter la technique. Un site sur mesure sans interlocuteur technique devient un problème le jour où quelque chose casse.
Vous vendez sur plusieurs canaux et la plateforme les gère déjà. Réécrire une synchronisation de places de marché qui fonctionne serait absurde.
Quand ça bascule
Trois signaux, assez nets pour être reconnus sans expertise.
Vous avez plus de dix extensions
Chacune a été ajoutée pour une bonne raison. Ensemble, elles font une pile que personne ne maîtrise, qui ralentit toutes les pages, et dont le coût mensuel cumulé dépasse ce que vous imaginez. C’est le signal le plus fiable.
Votre différence vit dans un tableur
Votre règle de tarification, votre composition de lots, votre processus de retour existent à côté de la boutique parce qu’elle ne sait pas les faire. Le jour où votre avantage commercial est dans un fichier partagé, la plateforme ne vous sert plus votre métier, elle vous en empêche.
Vos outils ne sont plus d’accord
Boutique, comptabilité, logistique et service client tiennent chacun une vérité, et personne ne sait laquelle gagne. C’est le sujet de pourquoi vos outils ne sont jamais d’accord sur le stock.
On ne quitte pas une plateforme parce qu’elle est mauvaise. On la quitte le jour où l’on passe plus de temps à la contourner qu’à s’en servir.
La solution mixte, qui est souvent la bonne
On oppose les deux options alors que la plupart des cas réels sont hybrides, et c’est la voie que je recommande le plus souvent.
Vous gardez la plateforme pour ce qu’elle fait bien : le catalogue, le paiement, la gestion des commandes, la conformité. Et vous faites construire à côté la pièce qui porte votre différence, branchée sur ses données par son interface de programmation.
Concrètement : un tableau de bord qui rassemble les commandes de trois canaux, un configurateur de produit que la plateforme ne sait pas faire, une automatisation des retours, une synchronisation de stock avec votre gestion. Chacune de ces briques se chiffre en jours, pas en mois, et elle ne remet rien en question.
Une variante technique existe aussi, où l’on garde la plateforme pour le catalogue et le paiement, mais où l’on construit la boutique visible sur mesure. Ça permet de traiter la vitesse et le référencement sans migrer les données. C’est plus lourd qu’un simple branchement, et ça ne se justifie que si la performance est un vrai enjeu commercial chez vous.
Pour un négociant ou un distributeur, la pièce la plus demandée est un catalogue professionnel relié au stock et aux tarifs de chaque client. Et quand rien de la plateforme ne colle au modèle, tout se construit : c’est ce que j’ai fait pour Kpsull, une place de marché de créateurs développée sur mesure, avec catalogue à facettes, panier et comptes acheteur et créateur.
Ce qu’il ne faut pas décider sur ce critère
Le design. Un site sur mesure n’est pas plus beau qu’un thème bien fait, et un thème bien fait n’est pas moins convaincant qu’un site sur mesure. La différence se joue sur l’ajustement au métier, pas sur l’apparence.
Le référencement, dans une large mesure. Une boutique Shopify correctement tenue se classe très bien. Ce qui se classe mal, c’est un catalogue sans texte propre et sans structure, quelle que soit la technologie dessous.
La sécurité. Une plateforme fait ce travail mieux que la plupart des sites sur mesure, et il faut le reconnaître.
Si vous décidez de migrer
Ne le faites pas pour de mauvaises raisons, et surtout ne le faites pas sans plan de redirection. Une migration ratée coûte plusieurs mois de trafic, et c’est le genre de perte qui ne se rattrape pas toujours. Ce qui la limite tient en une ligne : la carte des anciennes adresses vers les nouvelles, écrite avant la bascule et non après.
Ce que je retiens
La question, c’est de mesurer l’écart entre votre façon de vendre et ce que la plateforme prévoit, puis de mettre un chiffre en face de cet écart, commissions et extensions comprises.
Si vous voulez que je fasse ce calcul avec vous, honnêtement, y compris si la conclusion est que vous devez rester où vous êtes, c’est le point de départ d’un logiciel métier branché sur votre boutique actuelle. Réservez un appel : dites-moi ce que vous vendez et sur quoi vous êtes aujourd’hui.
